Présenté par le Théùtre du Chùtelet (Lic.1-015188/2-015191/3-015192)
« Comme compositeur et parolier â et genre Ă lui tout seul â, Sondheim lance un dĂ©fi Ă son public. Ses plus grands succĂšs ne sont pas de simples airs que lâon fredonne, ce sont des mĂ©ditations sur les routes que lâon nâa pas prises, sur les souhaits dĂ©voyĂ©s, sur des relations tellement Ă©limĂ©es et disloquĂ©es quâil nây a plus dâautre choix que de faire entrer les clowns. Et pourtant, la musique de Stephen est si belle, ses paroles si exactes, quâau moment mĂȘme oĂč il rĂ©vĂšle les imperfections de la vie quotidienne, il les transcende. Et nous les transcendons. Câest trĂšs simple : Stephen a rĂ©inventĂ© la comĂ©die musicale amĂ©ricaine*. » Barack Obama
Le 4 avril 1994, dans les colonnes du New York Magazine, James Kaplan publiait un article consacrĂ© Ă Stephen Sondheim. IntitulĂ© « The Cult of Saint Stephen Sondheim », citĂ© maintes et maintes fois sous un titre erronĂ©, « Is Stephen Sondheim God ? » â « Stephen Sondheim est-il un dieu ? », cet article caractĂ©rise, aujourdâhui encore, lâimportance de lâauteur et compositeur amĂ©ricain dans lâhistoire de la comĂ©die musicale : inventeur dâune nouvelle forme de dialogue théùtral, il a non seulement offert de nouvelles perspectives Ă la comĂ©die musicale, mais lâa aussi, tout simplement, rĂ©inventĂ©e. AprĂšs avoir fait ses classes aux cĂŽtĂ©s dâOscar Hammerstein II, il devient, en 1957, le parolier de Leonard Bernstein pour West Side Story. Un peu moins de quinze ans plus tard, le 26 avril 1970, Stephen Sondheim crĂ©e Company Ă lâAlvin Theatre : câest son premier chef-dâoeuvre Ă Broadway. RĂ©compensĂ© par six Tony Awards, lâauteur et compositeur sâimpose aussitĂŽt sur la scĂšne new-yorkaise et mondiale.
AssociĂ© au librettiste George Furth et au metteur en scĂšne Harold Prince, Stephen Sondheim a produit le tout premier « concept musical ». Sans grands numĂ©ros dansĂ©s, sans histoire linĂ©aire, Company est une succession de saynĂštes qui questionnent lâentrĂ©e dans la vie dâadulte, Ă partir dâun rĂ©cit fragmentĂ©. La chanson catalyse lâĂ©motion et provoque la rĂ©flexion des spectateurs sur les tourments dâun jeune homme, Bobby, qui fĂȘte son trente-cinquiĂšme anniversaire entourĂ© de ses amis, dĂ©jĂ installĂ©s. CĂ©libataire et volage, Bobby est perplexe quant au mariage et Stephen Sondheim joue sur la complexitĂ© des Ă©tats dâĂąme de ce trentenaire autant quâil interroge lâindividualisme, le couple et les vertus supposĂ©es de lâengagement. Ă la maniĂšre dâune Ă©tude de moeurs, Company est certes une observation fine de la vie urbaine des bourgeois aux Ătats-Unis aux confins des annĂ©es soixante, mais lâoeuvre est aussi prĂ©texte Ă un regard sensible et intelligent sur lâamitiĂ©, lâamour et la solitude.
Créé Ă lâAlvin Theatre de Broadway le 26 avril 1970
Musique et chansons Stephen Sondheim
Livret George Furth
Traduction française du livret Stéphane Laporte
Originellement produit et mis en scĂšne sur Broadway par Harold Prince
Orchestrations Jonathan Tunick
Mise en scĂšne James Bonas
Supervison musicale Larry Blank
Direction musicale Chalotte Gauthier
Chorégraphie Ewan Jones
Scénographie Barbara de Limburg
Costumes Nathalie Pallandre
LumiĂšres Christophe Chaupi
Vidéo Anouar Brissel Sound
Design Unisson Design
Orchestre national dâĂle-de-France