Câest un groupe qui arrive dans un fracas tonitruant, qui fait trembler les murs et les scĂšnes du monde entier en y apportant sa culture centenaire. KodĆ, le plus cĂ©lĂšbre des groupes de taĂŻkos (le mot japonais pour percussion), câest la prĂ©cision dâun art intemporel dans un spectacle aussi physique que musical, aussi percutant quâimpressionnant.
En japonais, KodĆ signifie Ă la fois « enfants du tambour » et « battements de cĆur ». Et clairement, ces artistes qui perpĂ©tuent avec ferveur leurs traditions font rĂ©sonner les cĆurs et les corps sur des vibrations qui portent des messages universels. Cadences effrĂ©nĂ©es, sons graves et profonds, rĂ©sonances magnĂ©tiques, on a lâimpression de partir pour un combat Ă©pique, comme au temps des samouraĂŻs quand le tableau suivant nous offre une musique plus texturĂ©e, plus subtile, invoquant la nature, le microcosme oĂč les Ă©lĂ©ments qui se dĂ©chaĂźnent.
Et si KodĆ sâancre sur lâĂźle de Sado, au Japon, dâoĂč la formation est originaire, il ne se limite pas Ă une conception traditionnelle. AprĂšs 40 ans de tournĂ©es sur les cinq continents, leur art se veut aussi contemporain, inspirĂ© de leurs nombreux voyages. Clairement ces artistes balancent finement entre leurs origines et leur spiritualitĂ© dâun cĂŽtĂ©, leur ouverture et leur crĂ©ativitĂ© de lâautre.
Mais quoi quâil en soit, et mĂȘme si KodĆ a quelques albums Ă son actif, câest pour la scĂšne que le groupe vit. Les percussions sont impressionnantes, tout comme la musculature des musiciens qui les manient, vĂ©ritables athlĂštes qui se soumettent Ă un entraĂźnement physique rigoureux. Et dans les lumiĂšres savamment orchestrĂ©es, les tambours parlent aux Ăąmes, dans un rythme qui laisse Ă peine le temps au public de reprendre son souffle.