Certaines rencontres relèvent de l’évidence. D’autres appartiennent à l’histoire. Pour la première fois, Isabelle Adjani et Jacques Weber se retrouvent réunis sur scène dans l’un des chefs-d’œuvre du répertoire : La Cerisaie d’Anton Tchekhov.
À la mise en scène, Éric Ruf, ancien administrateur général de la Comédie-Française, signe ici son premier spectacle depuis le succès public et critique du Soulier de satin en 2024. Entouré de son équipe habituelle de création, dont Christian Lacroix aux costumes, il réunit une troupe partageant son amour des textes classiques qu’il s’attelle à rendre clairs et sensibles pour le public.
Alors que l’Empire russe va bientôt s’effondrer, l’œuvre testamentaire de Tchekhov, raconte la fin d’un monde, celui d’une famille de propriétaires terriens contrainte de vendre son domaine, et, avec lui, l’écho des vies qui l’ont peuplé. Tandis que les arbres sont promis à l’abattage, chacun tente de retenir ce qui déjà s’échappe : l’enfance, les amours, les illusions, la mémoire.
Dans ce chant crépusculaire où les rires se mêlent aux larmes, Lioubov Andréïevna — Isabelle Adjani, femme blessée et lumineuse rentrée ruinée de France, retrouve son frère Gaev — Jacques Weber, ours d’une tendresse infinie, aussi inconscient qu’elle de la gravité de leur situation.
« Chaque théâtre est une cerisaie en puissance, on y joue depuis des lustres avec une crédulité d’enfants, on y passe sa vie » dit Éric Ruf, « chaque carrière d’acteur ou d’actrice est un voyage dont la scène est souvent la perspective et le retour. Savoir qu’Isabelle Adjani, Jacques Weber et la troupe talentueuse constituée autour de ce couple légendaire vont ici poser leurs malles et les illusions brûlantes de leurs personnages est un rêve. »