Pat Metheny est un génie de la guitare. Nul besoin de le prier pour le voir dégainer ses plus belles improvisations. Cet audacieux dans l’âme, virtuose aux doigts d’or et créatif par nature, sait toujours trouver le moule adéquat pour empaqueter des sonorités nouvelles.
Ses sonorités aux mille nuances et ses improvisations nous secouent. Certes, Pat ne connaît pas toujours la destination finale, mais c’est certain, nous allons finir par atterrir, quoi qu’il advienne, dans le plus beau des endroits. Sophistication ludique, technique étincelante : le guitariste de Lee’s Summit, petit bled paisible d’Amérique, est un aviateur hors pair dès qu’il s’agit de partir à l’assaut d’envolées sonores aux formes abstraites et jazzy.
La créativité est son carburant, l’audace, son pilote automatique. Il suffit de le voir là, sur scène, mener avec virtuosité et sérénité des acrobaties instrumentales à haut-débit pour comprendre à qui nous avons à faire. Exigeant sans être élitiste, Pat Metheny fonce fiça à la conquête de perspectives nouvelles, sans frémir, faisant de lui un Picasso de la musique moderne. Car il déforme le monde sous le poids de ses cordes, inspiré, et ça ne s’invente pas, par les maîtres du jazz dont il porte l’héritage : Miles Davis, John Coltrane et Charlie Parker.
Partenaire de jeu de David Bowie et d’Ornette Coleman, l’artiste américain outrepasse les conventions. Parce que Pat n’attend pas l’adhésion universelle. Il veut simplement visiter des émotions insoupçonnées et dessiner les contours d’une sophistication ludique, où la technique n’est qu’un alibi pour extérioriser son imaginaire. Oui, avec sa guitare comme cheval de bataille, Pat Metheny n’a pas fini d’éblouir les mélomanes !